Cette page s'adresse à vous, pas à votre enfant. Elle explique ce que l'application fait de ses réponses, et pourquoi elle ne se contente pas de faire défiler des mots.
On n'oublie pas au hasard
Un mot appris aujourd'hui s'efface vite. Pas d'un coup : il s'estompe. Demain il revient encore facilement, dans trois jours c'est plus flou, dans deux semaines il a disparu. C'est vrai pour tout le monde, et ça n'a rien à voir avec l'attention ou la bonne volonté.
Relire vingt fois de suite dans la même soirée ne sert donc pas à grand-chose : le mot est encore frais, le cerveau n'a aucun effort à fournir, et rien ne se fixe. Ce qui marche, c'est de revoir le mot juste avant de l'oublier. L'effort de le retrouver, à ce moment précis, est exactement ce qui l'ancre.
Cinq boîtes, des attentes qui s'allongent
Chaque mot avance dans une série de boîtes. Une réponse juste le fait monter d'une boîte, et il attendra plus longtemps avant de revenir. Une réponse manquée le fait redescendre, et il revient vite.
- 0 Nouvelle carte revient tout de suite
- 1 Vue une fois revient le lendemain
- 2 Ça vient revient 3 jours après
- 3 Bien retenue revient une semaine après
- 4 Acquise revient trois semaines après
- 5 Solide revient deux mois après
Un mot su cinq fois de suite ne revient donc que deux mois plus tard, juste assez tôt pour ne pas s'être effacé. C'est ce qui permet de suivre 830 mots sans y passer ses journées : l'application ne présente que ce qui est sur le point de partir.
Cette idée porte un nom, la « boîte de Leitner », et elle date des années 1970. Elle se pratiquait avec de vraies fiches en carton dans de vraies boîtes. Ici, c'est le programme qui tient les boîtes.
Se tromper fait partie du travail
Quand votre enfant répond « je ne savais pas », le mot redescend, mais jamais tout en bas : il repart de la deuxième boîte, pas de zéro. Ce qui a déjà été appris n'est pas effacé par un trou de mémoire.
Il n'y a ni point à gagner, ni vie à perdre, ni sanction d'aucune sorte. C'est délibéré : un enfant qui craint de se tromper triche ou abandonne, et dans les deux cas n'apprend plus rien. Ici, se tromper a une seule conséquence : la carte revient plus tôt.
Si un mot résiste vraiment, après 6 erreurs il est signalé comme point de blocage. Vous le retrouvez dans le suivi. Souvent, le débloquer demande de changer de moyen, par exemple de l'écouter plutôt que de le lire, plutôt que de le répéter encore.
Reconnaître, puis produire
Reconnaître un mot est bien plus facile que le retrouver. Voir house et penser « maison » ne prouve pas qu'on saura dire « maison » en anglais.
Les premières fois, la carte se présente donc en anglais : il suffit de reconnaître. Dès que le mot tient, elle se retourne et part du français : il faut le produire. Et pour les mots les mieux sus, le sens alterne. L'exercice se durcit à mesure que votre enfant progresse, sans avoir rien à régler.
Peu de nouveautés à la fois
Une séance compte environ 20 cartes, dont au plus 6 mots jamais vus. Le reste, ce sont des révisions.
Ce plafond n'est pas une limite de temps déguisée. Découvrir vingt mots d'un coup donne l'impression d'avancer vite, mais tous reviennent le lendemain en même temps, mal retenus, et la séance suivante devient décourageante. Six par jour, c'est plus de mille cinq cents mots par an. L'application en compte 830 en tout, répartis en 20 thèmes.
Écouter compte autant que lire
En anglais, l'écrit ne dit pas comment ça se prononce. Un enfant qui n'apprend qu'avec les yeux se construit une prononciation intérieure fausse, très difficile à corriger ensuite.
C'est pourquoi un bouton d'écoute accompagne chaque mot, chaque phrase, chaque exemple de leçon. La voix est celle du système, en anglais britannique, et fonctionne sans connexion. Si aucune voix anglaise n'est installée, les boutons disparaissent. Le reste marche normalement, et les réglages expliquent comment en ajouter une.
La correction ne devine pas
Quand votre enfant écrit sa réponse, elle est corrigée par des règles explicites : l'orthographe à une lettre près, les formes américaines (color pour colour), les contractions (he's pour he is), et les fautes fréquentes des francophones, comme le -s oublié à la troisième personne ou l'adjectif placé après le nom.
Aucune intelligence artificielle n'intervient. Un modèle qui se trompe une fois sur vingt donnerait des corrections fausses qu'un enfant de dix ans n'a aucun moyen de détecter, et c'est l'erreur qui serait apprise. En contrepartie, une traduction juste mais très éloignée du corrigé peut être comptée « presque » : la bonne réponse est alors toujours affichée.
Ce que « acquis » veut dire
Un mot est compté comme acquis à partir de la boîte 4 : il a été retrouvé correctement plusieurs fois, à des semaines d'intervalle. C'est ce chiffre que la page Progrès met en avant.
Le nombre de cartes vues, lui, ne veut pas dire grand-chose. La mesure qui compte se trouve dans le suivi détaillé : le taux de rétention, c'est-à-dire la réussite sur les mots déjà rencontrés. C'est lui qui distingue découvrir de retenir.
Trois conseils
- Dix minutes par jour valent mieux qu'une heure le dimanche. La méthode repose entièrement sur la régularité : c'est l'espacement qui fait le travail, pas la durée.
- Une journée sautée n'efface rien. La série de jours affichée est un encouragement, pas une dette. Les mots reviendront simplement un peu plus nombreux le lendemain, et la file reste plafonnée.
- Regardez les points de blocage plutôt que le total. Trois mots qui résistent en disent plus qu'un compteur qui monte, et se traitent souvent en changeant de moyen.
Et le reste
Les flashcards travaillent le vocabulaire, mais ne suffisent pas. Elles s'accompagnent de 43 leçons à lire, pour comprendre une notion avant de s'entraîner, de la conjugaison de 209 verbes, et de 586 phrases de grammaire qui donnent chacune cinq exercices différents.
Rien de tout cela ne sort de cet appareil : pas de compte, pas de serveur, pas de traceur. Les réponses de votre enfant sont enregistrées dans ce navigateur, et vous pouvez les exporter ou les effacer depuis les réglages.